Caffè Art Java
Je ne sais quel est leur rapport, mais une femme d'une trentaine d'années est en train d'encourager et de conseiller un jeune homme, que je déduis être étudiant en arts visuels. Ils sont à ma droite. Moi je suis assis dans un fauteuil très confortable, dans un coin du café. Une artiste devant moi dessine une scène se déroulant un peu plus loin à ma gauche.
Tout est beau ici, entre le rouge et le noir, avec des motifs plus colorés. Des oeuvres artistiques décorent les murs. C'est très cozy, et les gens me semblent détendus, idem pour les employés.
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Encore sur St-Catherine, à peine huit rues plus loin que la Belle Province. Pourtant l'atmosphère est radicalement autre. J'imagine que tous ici doivent avoir un domicile fixe. Plusieurs parlent anglais, ainsi que les employés. Mais ils m'ont répondu en français ! Un bel effort ?
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L'autre côté de la rue, il y a l'École des sciences de la gestion.
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Le maître et l'élève ont un accent français. La première parle beaucoup, et lui il écoute. Un peu stressé, en mode absorption, c'est une chance qu'il semble avoir là.
L'art n'est pas une carrière d'entreprise, c'est une carrière où l'on doit apprendre à se rencontrer.
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Ma facture s'élève à près de 12$, soit 3$ de plus qu'à mon fast-food préféré. J'ai eu droit à un sandwich «Mont-Royal» et une soupe patate-bacon, le tout servi dans des assiettes BCBG. Au final, j'ai probablement eu le même plaisir à manger, et je suis tout aussi repus.
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J'ai sûrement dû payer pour le cozy, et l'absence d'intrus, car l'intrus ici ce n'est pas moi, non, au contraire avec mon portable et mon carré rouge je fais très UQAM et je cadre donc dans le portrait du café.
L'intrus serait un Belleprovinciste bas de gamme.
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Ici, c'est les entrailles exsangues et bien gérées de Montréal; tout le sang est caché,
sauf sa couleur qui apparait ci et là.