Combien faut-il payer, pour être aimé ?

Publié le par M&M

Rien, car l'amour est un sentiment sans mesures qui ne pourrait encore moins se monnayer. C'est ce que plusieurs répondront à cette interrogation. Néanmoins, cet article se penchera sur l'amour vénal dans l'optique de sonder les sources de sa discordance.


 

 

 

  Il faut bien préciser qu'il ne s'agit pas de l'intégrité de la population qui est décrite ici. Bien au contraire, la plupart du temps en mûrissant, beaucoup de personnes réalisent l'égalité des sexes et voient d'un autre œil leurs relations avec le sexe opposé. Comme si la maturité produisait un coup d'éclat, hommes et femmes réalisent la beauté d'un amour serein, sans préconiser les apparences.

 

 

 

 

Je vous présente maintenant mon opinion, structurée en quatre parties, sur ceux et celles qui se limitent à s'acheter et se vendre de «l'amour».

 

***


Matérialisme

La dictature de l'argent au sein de notre vie, inhérente au monde doré de surconsommation dans lequel nous «jouissons» de vivre présentement est abominable. Un monde où l'argent a perdu sa valeur initiale utilitaire au profit d'un trésor constituant une fin en soi. Une fin constituée d'un pouvoir matériel qui surpasse de loin la simplicité volontaire sur la route prisée des gains superficiels.

 

Le problème avec l'argent, c'est qu'il est devenu un substitut moral comme force déterministe chez les individus, et une monnaie d'échange non seulement économique, mais humaine dans les rapports. Par exemple, l'achat de cadeaux pour se faire aimer, pardonner, aduler ou remarquer...

 

De nos jours, il est convenu normal (c'est-à-dire par vote majoritaire à consentements muets) que l'homme le plus fortuné de la planète flirte avec les plus belles femmes. Celles que nous considérons les plus belles car elles sont le modèle idéal proposé d'avant plan par notre société occidentale. Ces belles représentent le summum de la perfectibilité corporelle - exempt d'imperfections, bourrées d'attributs admirables, et aidées de publicités corrélatives. Lui, le champion conquérant aux poches remplies d'un vide verdi, représente la réussite sociale et individuelle, l'atteinte d'un idéal du genre masculin.

 

Argent = Puissance

Il m'est possible d'affirmer que plus l'accumulation monétaire personnelle est désirée, plus le désir quantitatif et de qualité (superficielle) des femmes le sera également. Une plus grande possibilité d'obtention sera indéniable :

 

Un homme plein aux as décidant de se payer une soirée dans une boîte de nuit aura inévitablement une facilité pour revenir à l'hôtel avec une jolie demoiselle, peut-être deux. Pourquoi ?


Parce que son capital lui procure une certaine assurance, et les femmes aiment ça. Ce même capital lui amène un type de pouvoir, il adore ça, et les femmes aiment ça. Il s'assure une belle présentation par un physique soigné d'un costard, une belle montre, et les femmes aiment ça. Il n'a pas nécessairement besoin d'être "beau" selon les standards, il doit seulement être en mesure de payer plusieurs verres (vous savez pourquoi!) à ses «proies» et d'avoir un moyen de transport sophistiqué pour le dénouement de la soirée (jolie voiture ou taxi).

Or, cette image, véhiculée dans les films, idolâtrée dans la rue, un jeune aura de la difficulté à l'interpréter de manière critique. Alors, il finira bien vite par admettre que l'argent amène les belles femmes et que les belles femmes sont reliées au succès...

Rapidement, le jeune homme aura noté une commodité monétaire pour une aisance lors de la «prédation». Puis, il associera le fait d'avoir une «belle» fille qui lui tienne le bras, qui se soumet à sa puissance masculine, à une gloire et un statut social surélevé. Il sera aussi très fier face à ses amis célibataires ou moins «sélectifs».

 

Tout cela parce que les idéaux sociétaires sont enracinés dans l'optique d'une perpétuelle domination envers autrui (mais bon, ça c'est un autre débat...).

Essentialisation de la femme

Pour comprendre l'ensemble du problème et se mettre en contexte, il faut remonter l'analyse bien plus loin que le 21e siècle. Il faut se poser des questions sur le phénomène de l'essentialisation (action de croire ce qui nous est imposé et de le perpétuer) de la femme. Car celles-ci, depuis trop longtemps, sont vouées à un rôle d'accompagnatrice de l'homme. L'homme vit, la femme le suit. En fin de compte, elle nettoie et assure son importance lustrée de virilité. Elle est responsable de son foyer, de ses besoins sexuels, de lui tenir compagnie dans sa solitude etc...

À son paroxysme, elle se doit d'accomplir le rôle mixte d'un animal de compagnie et d'une ménagère à temps plein, «cochonne» de surcroît, au mieux! Évidemment, à travers les années, cette conception a changé, ou plutôt devrais-je dire s'est améliorée, disloquée. En environ soixante ans, depuis l'obtention du droit de vote, les femmes ont fait d'énormes progrès. Dorénavant, elles peuvent avoir une carrière et une place considérée dans la société. Néanmoins, il reste beaucoup de travail à faire.

 

 

Le sexisme est encore présent, notamment dans les publicités et les stéréotypes, et la femme se trouve emprisonnée dans un certain moulage de comportements permis ou dictés. Le plus simple des exemples serait le maquillage et les attentions dans la même veine (toutefois, avec l'émergence de la métrosexualité, ce point semble s'équilibrer!). Le constant besoin d'être désirable, être fardée jusqu'au décolleté pour satisfaire les yeux des hommes. Et plus souvent qu'autrement pour aspirer à devenir le spectre de son entité (derrière chaque grand homme, se tient une femme...!). Elle veut se sentir protégée, aimée, indirectement contrôlée et fragilisée. Elle accepte et vient à vénérer inconsciemment ce rôle de soumission (étymologie du terme femme au lieu d'épouse) et elle se complait à simplement devenir belle et convenable.

 

L'homme et sa conception de la femme

Bien avant d'être le «pourvoyeur», maître d'une relation de couple, l'homme se doit de revêtir son costume de prédateur pour jouer dans le jeu de la séduction. Son but : chasser ses proies (les femmes) par des stratagèmes incroyables (propulsé par une forte pulsion sexuelle), en allant jusqu'à la dépersonnalisation pour amadouer tel un caméléon le sexe opposé. Et l'image de l'homme nanti se trouve à être une couleur plutôt concluante...

Une fois la conquête acquise, il se voit ravi d'être dans sa bien-adaptée position qui assouvit ses besoins pervers de contrôle et de domination. Pour pouvoir enfin incarner le mâle dominant, torse bombé, traînant à bout de bras sa princesse à la fine pointe de l'utilité!

Exceptionnellement, certains hommes utilisent la carte de la manipulation pour téter de l'argent à une «encore naïve» jeune fille (cette situation est également possible à l'inverse, mais alors la femme aura tout de même un rôle passif). Cet homme-loque utilisera donc son don de la parole pour faire tomber une fille (idéalement aisée) en amour avec son personnage. Par la suite, il fera un lot de contorsions verbales pour l'amener à lui acheter tout ce dont il a besoin. En fait, c'est comme s'il prenait un abonnement, au prix d'un certain temps de «dressage», pour une banque de prêts illimités, grâce à des promesses orales (souvent l'incorporation du prince charmant), un peu comme le fait un proxénète de renom.

 

Dans ce cas de figure, l'homme utilise la femme comme une source d'assouvissement de ses besoins personnels par une froideur impressionnante. Il l'utilise comme un simple objet : une carte de crédit à intérêts variables. Cela constitue le paroxysme d'une conception déjà faible de reconnaissance à l'égard des femmes.

En guise de conclusion 


L'homme garde trop souvent de vieux principes conservateurs d'une «femme de poche». Il pense qu'il se doit de la cueillir telle une fleur sans défense, sans raison. Puis la traiter comme tel dans une relation. Malheureusement, c'est que la femme, elle, pense aussi qu'elle doit se faire cueillir. Pourquoi ?

À cause du cadre originel dans lequel elle continue de se conformer. Ce cadre, où elle se conçoit accompagnatrice de l'homme - définissant qu'elle soit trop simple d'esprit pour faire davantage que dire oui ou non à ses prétendants. Que celui qui lui garantirait sécurité et confort pour son siège de passager serait le parfait élu.

Payer ou se vendre de «l'amour» est une gaffe qui se créée à deux mais ou un personnage détient le prestige d'être l'homme, rôle avantagé par les sociétés patriarcales. Encore une fois, le paraître prévaut sur l'être dans ce jeu où l'argent facilite la fin souhaitée du mâle et où le pouvoir empoisonne l'authenticité de sa personne.

Publicité

Publié dans D'Idée

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
É
<br /> en fait, après une relecture je réalise que c'est moi qui n'avais pas compris ce que tu souhaitai dire :-).<br /> Tu peux supprimer mon commentaire il est mal placé!<br /> Je suis désolé de t'avoir dérangé.<br /> La prochaine fois je relirais 2 fois avant d'écrire quoi que ce soit!!<br /> <br /> <br />
Répondre
É
<br /> La phrase de Simone de Beauvoir expliquait en fait que la femme est un être humain. à la naissance que l'on soit homme ou femme n'importe pas.. on est ENFANT.<br /> De là la phrase '' on ne nait pas femme , on le devient''<br /> Pour comprendre toute la portée de cette phrase il faut biensûr se remettre en contexte et s'imemrger dans une société  aujourd'hui.. disparue???<br /> <br /> <br />
Répondre
M
<br /> Chère, bien sûr que j'ai compris le sens de cette phrase...je vais re-lire ce texte pour voir si elle y est placée de la bonne façon toutefois.<br /> <br /> <br /> <br />