Pensée Saisonnière
Elle m'apparaît soudainement
Sans crier gare, sans s'annoncer
Par la dureté de ses larmes conceptuelles
En abondance
Je ressens le tout, tout simplement
Une vilaine dictature incrustée
Mère d'une noire conscience
Intrinsèque
De l'intérieur, demeure incontrôlable
De l'extérieur, indiscernable
Je me vois maîtrisé aveuglément
Dirigé par le vide
Obscur
Par une force puissante de mon impuissance
Complice d'une absence de sens
De mon regard dépourvu
La tyrannie se perpétue
Et j'en suis le spectateur comateux
Qui s'interroge insatiablement
Seul, telle une branche sans feuille
Tel un condamné sur le seuil
En hâte du jour
De ma renaissance dans les joies d'une autre saison
Vais-je mourir du spectre d'un malheur éphémère ?
Je ne cesse de me blâmer, mâcher l'illusion
De m'affaiblir, oublier la vie
Sur la route parallèle et effrayante
Aux abords de la mort psychologique
Et je crains ainsi
Le décès de mon être
Avide de clarté
Dans une attente ténébreuse
Pénible
Incohérente
Intense
Interminable
Inimaginable
Jusqu'au temps
Ou le magnifique, l'incroyable spontané
Cicatrise le temps d'une saison
La plaie béante de mon âme
D'une nouvelle pensée
S'élargissant d'innombrables liens
Pour m'y dévoiler l'ensemble de son recueil
Et en subjacent
L'oubli.